KASABIAN PARADISE

Interview | Kasabian – Serge Pizzorno – 2012

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– interview réalisée par Delphine VAN BRACKEL et Hélène SANTI, aide non négligeable à la traduction : Sandrine « LILSAN »

(retrouvez ici les photos prises durant l’interview avec Serge)

Rencontrer Kasabian durant leur tournée est toujours particulier. Ils ont terminé depuis longtemps la promotion du dernier album, Velociraptor!, un monstre fait de chansons très différentes. Actuellement ils tournent encore, pour leur second passage en Europe continentale, après une série de warm-up, une première tournée des festivals, un passage au Royaume-Uni en novembre et décembre, une tournée japonaise et une australienne. Excusez du peu. En dehors de quelques télé et un article de temps en temps, ils concentrent donc leur énergie sur la tournée. Nous nous estimons donc chanceuses de pouvoir rencontrer Kasabian.

Ce soir, ils investissent le grand Zénith de Lille, au lieu de l’Aéronef comme prévu initialement. La rencontre a lieu dans les backstages de la salle, dans une des loges réservées au groupe. Les Kasabian ont tout juste terminé leur soundcheck et Serge entre ans la pièce en déclarant : « Bonsoir ! Ca va ?« , en français dans le texte s’il vous plaît. Sergio Pizzorno ou l’homme derrière l’écriture des chansons.

Certes Kasabian est un groupe très uni, comme une équipe de quatre vélociraptors comme ils aiment le dire malicieusement. Observez leur nouveau logo et vous aurez compris beaucoup sur le groupe. Mais l’écriture est avant tout la partie de Serge, avant que chaque morceau ne soit travaillé par tout le groupe. C’est la raison pour laquelle nous sommes particulièrement satisfaits de sa présence, car nous avons plusieurs questions adressées plus particulièrement à lui.

Sergio Pizzorno s’assied sur un sofa jaune et nous regarde amicalement. L’homme est généralement aussi timide que confiant envers lui-même, mais absolument adorable quand vous le rencontrez, et ce jour ne fait pas figure d’exception. Presque un ange, c’est un fait, et un très patient par-dessus le marché. Nous commençons par bavarder sur le thème de la tournée, lui offrant un livre photo souvenir et lui parlant des enregistrements des concerts de Kasabian, notamment le sujet Concert Live qui a étonné les fans : nous avons entend que Kasabian n’avaient pas été mis au courant dans un premier temps.

Serge confirme : « C’était à Brighton et nous nous sommes retrouvés à se demander ‘mais qui sont ces gens ?’. ils étaient là pour enregistrer le concert mais nous n’en avions aucune idée. On a alors appris que c’était supposé se dérouler ainsi à chaque concert, donc on était là ‘mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ?’ Les Puissances au Pouvoir… donc on a établi un compromis pour sortir quelque chose, l’un des concerts. Malheureusement ce n’est donc pas chaque concert, mais nous ne savions pas, et au moins il y en a un… c’était une situation un peu pourrie. Nous sommes vraiment désolés mais nous ne pouvions pas promettre quelque chose que nous ne voulions pas faire, c’est dingue. On est désolés. C’est le genre de trucs qui peut encore arriver à un groupe. »

Alors qu’on continue à évoquer l’enregistrement de concerts de Kasabian, l’homme confie au passage un point de vue intéressant sur les souvenirs que nous pouvons avoir d’un concert. Plaisantant notamment sur le fait qu’il est probablement « vieux jeu » sous prétexte que pour lui l’enregistrement n’est pas tellement utile puisque « dans la tête, c’est juste incroyable, les souvenirs que vous pouvez avoir d’un concert. J’adore me rappeler. C’est plus romantique ainsi.«  Alors qu’on entend distinctement Tom chanter et siffloter quelque part pas très loin, nous interrogeons ensuite Sergio sur les processus d’écritures, car le groupe semble avoir conservé ses habitudes en matière de musique électronique.

En live, le groupe a inclus petit à petit des instruments organiques, tel qu’une trompettes ou des cordes, mais ils n’ont certainement pas oublié leur côté électro.

Delphine : Vous utilisez plus d’instruments organiques sur scène, comme un piano sur La Fée verte, mais tu parais aussi vouloir expérimenter des instruments électro d’une autre manière quand tu écris, comme tu l’as fait pour Switchblade Smiles

Serge : « Je n’y réfléchis pas vraiment. Je prends juste l’inspiration là où je peux la prendre. Je n’ai pas vraiment de règles concernant ce qu’on peut faire. On est un groupe de rock et on a déjà fait ça. ‘vous êtes un groupe de rock psychédélique, vous n’avez pas à faire cela’. Je ne m’en préoccupe pas. Tant que je puisse produire un son qui me plaise, alors parfait, que ça soit par des synthés ou en prenant la plume. Il y a beaucoup de sons que j’utilise ensuite. C’est comme cela que je le sens. »

Delphine : Tu disais avant que tu commençais souvent avec juste une guitare. Je me souviens pourtant d’avoir entendu durant la tournée précédente en live un petit sample formant l’outro d’une chanson que tu as ensuite utilisée pour Switchblade Smiles. L’idée de la chanson provenait donc de ces petits sons électro ou as-tu procédé à un collage après coup ?

Serge : « Tu peux partir d’un tout petit truc mais je suppose qu’on live on utilise tout ce qu’on peut entendre sur la route. Un son particulier, même un tout petit, quelque chose comme ça : (il chante le « nanananananana » de Switchblade Smiles) : un tout petit sample. Je peux également écrire une chanson en conservant cette mélodie qui deviendrait prédominante avec ce type de son électro. Mais honnêtement, le moyen importe peu. »

Ouvrons donc les oreilles en concert même pour les boucles les plus discrètes car le cinquième album s’y ébauche peut-être déjà mine de rien. Sergio Pizzorno explique qu’il tire son inspiration aussi bien de sons qu’il entend mais que des livres ou des films peuvent aussi lui donner des idées.

Sergio Pizzorno, soudain, prend un air rêveur et balance l’air de rien dans un murmure doux : « je suis très excité à propos du prochain album. » Face à notre réaction étonnée de le voir déjà songer au petit frère du dinosaure sorti en septembre dernier, il sourit. Serge a déjà des idées très précises, les note scrupuleusement mais s’intéresse plus à la globalité du projet : « je tends à ne pas trop écrire quand nous sommes en tournée, plutôt à formuler l’idée de ce que je veux faire entendre, de ce que je veux être. » Toujours quelque part dans un couloir, on entend Tom crier « WOOO-OOO » pour une raison inconnue, ce qui ne déconcentre pas Serge.

Pour lui, la meilleure méthode est d’ « emmagasiner de l’information« . « Une bonne piste pour chacun est la recherche préliminaire, les explorations dans la partie sauvage de l’esprit. C’est vraiment la bonne piste. Quand nous réfléchissons au prochain album, quand nous le sortons, le son de l’album va devenir autre chose. Je suis vraiment excité par cela, car j’ai pris par surprise ces idées. C’est vraiment ambitieux mais c’est cela que je veux explorer. »

Évidemment, nous demandons si le futur « bébé » est pour bientôt.

D’abord, la tournée : « nous allons probablement tourner jusqu’à la fin de l’année et j’aimerais ne pas trop me presser pour sortir le nouvel album. Juste attendre le moment où je saurai exactement où je veux aller. Pas directement après la tournée, mais pas trop tard non plus. Juste au moment où ça commence à démanger ‘oh tiens, que se passe-t-il ? »

Puisqu’on parle de morceaux expérimentaux enregistrés pendant la tournée, soyons plus précis.

Delphine : A propos d’électro, d’ailleurs… Je ne suis pas certaine, mais je crois bien avoir aperçu le VCS3 sur scène, pendant Julie & The Moth Man, sur la dernière tournée.

Serge : « Ouais, c’est vrai, bien vu. Mon préféré, utilisé par Pink Floyd. »

Delphine : Et qu’est-ce que tu utilises sur I.D. ? Parce que qu’on ne peut pas voir grand-chose…

Serge : « Ben a une vieille pédale Delay/Echo sur ses claviers : il s’agit juste de mettre de l’overdrive sur le delay, pour rendre le tout plus trippant, en fait. J’adore faire ce genre de trucs sur scène, ce côté plus ‘ingénieur du son’. J’en ferai plus. Le prochain album comportera plus ce genre de trucs« .

Hélène : Plus d’électro alors.

Serge rit et la regarde avec un air malin : « T’es futée, hein. Peut-être, peut-être. »

Hélène : J’ai vu un film [ndlr : La musique de Serge figure dans deux films : Blitz de Elliot Lester et London Boulevard, de William Monahan], et j’ai été très surprise d’entendre une de vos chansons et de voir ton nom dans les crédits. C’est quoi l’histoire derrière cette collaboration ?

Serge : « Hmm, c’était Julie & The Moth Man, c’est ça ? »

Hélène : Oui.

Serge : « En fait, ils nous ont juste appelés en nous demandant si on avait des chansons et on a répondu ‘Oui, on vient juste d’écrire celle-là donc vous pouvez l’avoir’  »

Hélène : En fait c’est drôle parce qu’il y a deux films utilisant ta musique et les deux sont basés sur des romans écrits par le même auteur, Ken Bruen.

Serge : « Oh vraiment ? »

Hélène : Donc tu savais pas ?

Serge : « Non, je n’en avais aucune idée, c’est génial. »

Hélène : Je voulais savoir si tu aimais bien cet écrivain.

Serge : « Oui, carrément. Je ne savais pas qu’il avait aussi fait Blitz, c’est génial. »

Hélène : Et du coup je voulais t’interroger sur tes goûts en littérature en général…

« En ce moment ? »

Hélène : En ce moment, ou en général… Tu lis quoi en ce moment ?

Serge : « En ce moment, je lis un livre d’un comédien anglais, Stewart Lee (How I Escaped My Certain Fate), sorti il y a quelque temps mais je viens de tomber dessus. Ca raconte, pour aller vite, la déconstruction d’un spectacle, c’est incroyable – scène après scène il détaille pourquoi nous rions. »

Hélène : Et en général : dans une librairie qu’est-ce que tu choisis ?

« Je ne sais pas… Je lis surtout sur conseils… Par exemple, Aitor m’a parlé de Kafka, que je ne connaissais pas du tout. Mais c’est intrigant : il m’a donné un coffret. Cinq livres. »

Hélène : Oh, ses oeuvres complètes ?

« Oui, peut-être, tu le connais ? »

Hélène : Eh bien, il est très populaire ici [ndlr : en France].

« Oh, vraiment ? Je n’avais jamais entendu parler de lui. Et Aitor a dit qu’il y avait des similarités entre son oeuvre et la mienne dont j’ai été intrigué. Oui, je suis souvent les conseils et si j’ai aimé un livre qu’on m’a recommandé, je lis d’autres livres du même auteur. »

Delphine : J’ai lu il y a quelques années que tu aimais le cinéma français. Qui serait ton réalisateur favori ?

Serge : « Je ne suis pas sûre de la prononciation mais il s’agit de Gaspar Noé. C’est quelqu’un dont les films continuent de hanter mon esprit, je veux dire par leur intensité. Ses films sont difficiles à regarder mais… comme la musique dans ses films… Je ne dirais pas être un expert mais tu regardes ses films et ils restent avec toi pour toujours. C’est un réalisateur incroyable. Je suppose que je pourrais choisir quelqu’un d’autre. J’aime aussi beaucoup Vincent Cassel. »

Delphine : Toujours sur l’aspect visuel, mais concernant la scène… Pendant le dernier tour au Royaume-Uni, les lumières étaient très particulières et il y avait un moment particulièrement intense pour toute la foule. A un moment, les lumières se sont éteintes et tu as demandé à la foule d’apporter de la lumière.

« Ah oui. »

Delphine : …et il y avait un autre moment, sur Fire, quand tu demandais aux gens de s’asseoir et la lumière était là très brillante. C’étaient deux moments très intenses, où la lumière avait une très grande importance, très forts, un peu comme une messe noire…

« Oui, complètement. On était à Liverpool et avant La Fée verte le système électrique complet a lâché. Il y a eu un vent de panique et je pouvais voir notre staff courir partout. J’ai pensé ‘Que puis-je faire ?’ Donc j’ai juste demandé aux gens de nous aider. Et le rendu était tellement beau, ça le faisait vraiment. Si ça n’était pas arrivé, je ne l’aurais pas fait car c’était presque un peu ringard. Mais comme c’est arrivé naturellement, que les lumières se sont éteintes, j’ai senti que c’était jouable.

Et concernant le truc sur Fire… j’ai vu ça à un concert de dance, un festival de dance. Je fréquente toujours le chapiteau dance après nos concerts en Europe car ils sont toujours très tard… et j’ai remarqué qu’il y avait un break dans une chanson, et tout le monde se baissait. J’étais là ‘Qu’est-ce que c’est ? Que se passe-t-il, tout le monde est à terre ?’ et là quand c’est reparti, tout le monde s’est relevé. J’ai trouvé ça vraiment stupéfiant. Puis on jouait en Suisse, je crois… J’ai remarqué que quelques personnes le faisaient, donc je me suis dit ‘OK, je vais leur demander de faire ça’, et ils l’ont fait. Et personne ne l’avait jamais fait en Angleterre. Donc j’ai pensé qu’on pourrait essayer et voir ce qui arriverait.

Ca donne un rendu particulièrement intéressant à la foule car ça te fait que tu es à un concert, tu oublies que tu es dans ce bâtiment. Quand tout le monde est baissé, cela réunit tout le monde en quelque sorte. Bien sûr tout le monde devient fou en sautant mais cela fait vraiment quelque chose aux gens, c’est vraiment particulier. Je pense qu’on ne le fera pas à chaque fois. Parfois c’est le bon moment et parfois tu sens que tu n’as pas envie de faire ce genre de choses. Je suis certain que les gens le feront finalement partout. »

Delphine : Et en ce qui concerne les lumières ? Elles étaient vraiment différentes par rapport à il y a quelques années…

« Aitor… Aitor Throup a dirigé toute la partie artistique sur l’album. Bon, West Ryder était très différent, c’était plus du théâtre. En gros on a essayé de recréer un asile sur scène. Velociraptor! est un truc bien plus futuriste. La musique rock ne devrait pas être rétro, ça devrait toujours aller vers l’avant. Ca devrait épouser ce qu’on a, amener les esprits des gens dans une autre dimension, notre direction. Et je pense qu’on a fait ça. C’est dommage qu’on ne peut pas… c’est dommage qu’on ne joue pas dans des salles de la taille de celles qu’on fait en Angleterre, ne serait-ce que parce que ça serait tellement sympa de reproduire ce spectacle en France ou en Italie… Enfin, on ne va pas non plus se plaindre ‘Oh, nous ne ferons pas ces gros concerts’ mais on a tellement investi de temps dans ce truc que c’est dommage qu’un seul endroit puisse le voir, parce que c’est vraiment spécial. Tu sais jamais, un jour… »

On évoque ensuite l’interaction entre le public et les musiciens, et entre les membres du groupe. L’unité, la sensation de puissance et la compréhension mutuelles sont évoquées. Serge : « Je suis d’accord, je pense que c’est important. Quand ça devient une question de pouvoir, tu sens qu’avec les personnes autour, tu deviens Axl Rose, tu n’en as rien à foutre et arrive une heure en retard pour le concert, tu ne chantes pas juste, et tu ne donnes pas aux gens une nuit incroyable. C’est quand le pouvoir devient une question d’ego, tu sais. Mais au contraire demander aux gens de faire des trucs comme ça, je pense que c’est une manière de rassembler tout le monde, puisque nous sommes aussi au sol. Nous sommes baissés et nous disons ‘allez-y, avec nous’. Donc oui, je comprends ce que tu dis et je pense que c’est spécial« .

Le sujet dérive un peu vers la question de la performance scénique, et notamment sur le fait que Serge semble s’amuser beaucoup plus pendant les concerts. Bien sûr, c’est juste un aperçu donc on extrapole peut-être un peu. Serge admet que ça a changé, confiant d’une voix douce : « Je me sens changé maintenant. Cet album, ce disque… Je me sens différemment sur scène… J’ai appris à en profiter parce que… J’ai toujours passé du bon temps mais il y avait toujours quelque chose d’autre. J’ai toujours été plutôt quelqu’un de studio. Et puis tu te réveilles un jour simplement et tu penses ‘wow, ne laisse pas cela t’échapper, parce que tu le peux – pas d’une mauvaise manière – mais tu peux oublier de profiter.’ Je profite vraiment maintenant, plus que jamais. Et s’amuser sur le moment te fait te sentir bien. Plus à l’aise. Et si tu es à l’aise les autres sont là ‘oh pfiouuuuu’. C’est intéressant que tu mettes ça sur le tapis car je ressens la même chose, sans aucun doute. »

Pendant ce temps, Tom entre dans la pièce, jette un oeil et sort. Les fans nous ont envoyé un bon nombre de questions, donc on fait passer. Voici quelques extraits. Les réponses à quelques demandes particulières, et même les demandes de chansons (toutes ont été soumises :) ) ont été transmises directement aux personnes qui les avaient envoyées. Nous avons imprimé toutes les questions et avons donné les feuillets à Serge (on mettra les scans en ligne à l’occasion)

Nous avons une question d’Iris.

Iris, très beau nom.

*note à moi-même : je suis d’accord, c’était le nom de mon chat* Elle a 7 ans.

Serge sourit.

…et elle aimerait savoir si vous avez des animaux de compagnie.

Des animaux (il sourit encore largement). Non, je n’ai jamais eu d’animaux de compagnie. Tom a eu un Jack Russel appelé TARDIS (nb : comme dans Doctor Who, coucoucoucou les Whovians !), Chris a eu un chat appelé Scamper. Personne n’a rien eu d’autre, je pense. Je pense que Ian a eu un lapin mais je ne me souviens pas de son nom.

Quelqu’un a réclamé Pistols At Dawn.

« On la joue ce soir » Là, on le remercie chaleureusement, lui expliquant comme nous pouvons que c’est un cadeau très très apprécié. Il sourit très largement : « Oui, c’est intéressant, on  joue toujours des chansons pour la première fois en France, non ? »

Une autre, de Tom : pourriez-vous s’ils vous plaît faire une reprise de Gimme Shelter ?

[à ce moment, Serge s’imagine que nous parlons de Tom Meighan] « Vous savez, quand parfois on aime tellement quelque chose… faire une reprise… » [mais en l’occurrence on parle d’un autre Tom] Serge estime : « Si tu penses que tu peux faire quelque chose avec une chanson, tu le fais. Je ne pense pas que je pourrais, parce que… Je l’aime trop. J’ai bien peur de ne pas pouvoir, c’est trop parfait. »

Après cela, on parle d’autres suggestions de reprises (Depeche Mode), de suggestions de chansons, quelques questions notamment sur le nouvel an, etc. Serge mentionne notamment son side-project avec « l’un de ses meilleurs amis, Noel » (ndlr : Fielding) et juste après on lui tend une carte envoyée par Elise comprenant Dark Vador sur un fond coloré.

Serge : « Incroyable« .

Il lit la question à haute voix : « Si vous étiez dans Star Wars, est-ce que vous seriez du côté de l’Empire obscur ou des rebelles ?« 

Serge : « Les Rebelles, bien sûr. Eh bien, merci beaucoup, c’est une très belle carte, c’est vraiment très délicat de sa part. »

Est-ce que tu penses qu’un jour vos allez produire un album par vous-même, ou avez-vous besoin d’un « avis extérieur » pour avoir un second avis ?

« Eh bien, en un sens j’ai produits les albums par moi-même, mais je pense que c’est bien d’avoir quelqu’un d’autre… Je n’en ai pas vraiment besoin mais c’est sympa. Pour les voix… C’est difficile pour moi d’être dur avec Tom, tu sais, donc ça ne peut pas être moi. C’est plus ce genre de trucs. A part ça, je le ferais. »

Est-ce qu’il y a des gens, peut-être pas des producteurs là mais des artistes avec qui tu aimerais travailler ?

« Heu… Jack White, Daft Punk… »

Et sur un plan visuel ?

« Eh bien, je pense qu’avec Aitor on a travaillé étroitement pour cet album donc on va continuer. On a fait des recherches et pour le prochain disque on travaillera de près pour chaque aspect. La prochaine fois sera juste incroyable. C’est un artiste complet, vous savez, il a ce truc en lui, quelque chose de vraiment dingue. »

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

« Il avait designé le maillot de l’Angleterre pour Umbro. C’est un designer. Bon, en fait ce n’est pas réellement un designer, je ne sais pas ce qu’il est. C’est une sorte d’artiste, il fait beaucoup de choses… C’est une sorte de… Nous avons une sorte de connexion spirituelle (ses yeux brillent curieusement). Ca somme un peu hippie, mais c’est c’est le cas… C’est assez spécial, vraiment, vraiment spécial. Donc c’est génial que nous l’avons trouvé en chemin. »

Plusieurs personnes se demandent si on finira par entendre toutes les chansons de Saracuse (ndlr : l’ancien nom de Kasabian, on parle donc des démos).

Serge (prend son petit air malin ) : « Vous savez quoi ? Je ne sais pas où elles sont. »

C’est ça, ouais !

Serge (sourit) : « Je ne les ai pas. Mais vous savez quoi ? C’est comme regardez une photo de soi quand on a six ans. »

Ce qui est mignon.

Serge : « Elles sont vraiment mignonnes et belles, mais je suis le mauvais gars à interroger. »

Il prend un petit sourire satisfait et commence à nous vanner à ce sujet.

Est-ce que tu as déjà pensé à enregistrer un album acoustique ?

« Heu… Je pense qu’il est vraiment magnifique d’interpréter les chansons en acoustique en concert. Et c’est vraiment sympa, mais je ne m’imagine pas… peut-être dans le futur… mais… Je pense que la manière dont on le fait est la bonne. »

Qu’est-ce le type de question que tu veux qu’on te pose ?

« Qu’est-ce le type de question que tu veux qu’on te pose ? »

Et durant la promo, quel est la chose la plus bizarre qu’on vous ait demandé ?

« Au Japon, quelqu’un m’a demandé ce que je ferais si je me réveillais un matin dans le corps d’une fille de 15 ans. »

Tu parles souvent d’artistes, de groupes, des années 70 ou 90, ou même 2000. Et les années 80 ?

« Hum… » (il rit car c’est un peu une vanne) « J’adore l’électro, mais je ne suis pas une fan de ça, vous savez »

Il y a Kraftwerk quand même.

« Oui, mais vous savez… Ce n’est pas une bonne période… La musique électronique est fantastique, vous savez. Wire sont plutôt bons. Je ne sais pas, c’est difficile. »

Finalement, on se met à parler du Clash et de Mick Jones, perçu comme le « guitar hero » ultime, Keith Richards, et on finit par remercier Sergio pour sa patience, sa disponibilité, sa patience, sa gentillesse. Et oui aussi sa patience. On rencontre furtivement Tom et quittons l’endroit. Il ne s’agirait pas d’oublier qu’un concert a lieu là ce soir.

Voir les photos prises lors de l’interview :

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Voir les photos et la review du concert de Kasabian au Zénith de Lille :

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